Si nous ne nous abandonnons pas, comment pouvons nous dire que nous vivons de Dieu ?
Maintenant, si nous nous abandonnons jusqu'à céder notre esprit à chaque instant, on doit considérer qu'il y a des degrés dans l'abandon.
En effet, si l'âme se détache trop vite d'elle-même, ou sans un long travail de purification, elle peut “tomber” dans des comportements maladifs pouvant aller jusqu'au suicide.
Ainsi, en s'assurant, si possible, du concours de l'église, l'âme doit commencer par se défaire d'une foule de mauvaises habitudes (cigarettes, alcool, drogue, pratique abusive et déréglée des moyens audio-visuel etc.) et de mauvais comportements liés à l'envie, à la colère, à la paresse, à la timidité, à la luxure etc.
Ensuite, si l'âme cultive les vertus et si elle est destinée à plus d'abandon, elle doit être chaste pour être capable de “passer” sur elle-même.
Car, elle ne doit plus avoir d'amour propre ou, de cet amour déréglé qui fait que l'âme se met à tout exagérer en exacerbant ses sens puisqu'elle peut croire que tout ce qu'elle ressent vient de l'Eternel. Alors qu'en vérité ce sont , via l'imaginaire, des esprits malins ( les substances intellectuelles déchues) qui le plus souvent la manipulent.
A ce degré d'abandon, l'âme a reçu beaucoup de grâce.
Mais, elle ne doit surtout pas s'installer, en refusant les difficultés, dans des pratiques spirituelles qui la conforte, ou pour éviter les sécheresses qui sont le lot de tous les hommes de Dieu.
En effet, si auparavant l'âme percevait les oeuvres de Dieu à l'extérieur, par ses sens; à présent elle s'en rend aussi compte, mais à l'intérieur, ou sans que cela parvienne à son entendement.
Ainsi, dans cet état, l'âme n'a plus envie de bouger car elle a la quasi certitude que c'est Dieu qui s'installe en elle.
L'attraction de son Créateur est tellement forte à ce niveau d'abandon que l'âme est comme tétanisée.
D'ailleurs, elle ne pratique presque plus puisque c'est parmi les angoisses, (la peur que le monde l'éloigne de Dieu) et toutes sortes de souffrances où il lui semble qu'elle est démunie de tous secours qu'elle réalise qu'elle n'est rien, et que le Seigneur est tout pour elle.
Heureusement, il y a des rémissions face à toutes ses difficultés venues de son environnement, de sa nature corporelle et de la perte de ses affectivités mondaines, sinon l'âme ne pourrait tenir.
C'est pourtant une mort psychologique très cruelle pour l'âme “dressée” à accepter et à digérer tous les désagréments afin d'être purifier pour que l'Amour (DIEU) vive en elle.
Maintenant , s'il y a beaucoup d'hommes qui ont une vie active, certains ont aussi une vie intérieure tandis que d'autres y ajoutent une vie contemplative.
Mais, au regard de toutes ces vies que nous venons d'indiquer pour échelonner le devenir de l'homme, c'est seulement au début d'une vie intérieure que la notion de maître se fait jour puisqu'à ce moment il va guider, peu à peu, toute la vie de l'âme qui consent à son Amour.
En effet, l'âme qui “travaille” sur elle-même pour s'améliorer et avoir de bons rapports avec les autres va s'abandonner, “lâcher prise”, en se rendant compte que derrière ses désirs de bonté il y a quelque chose qui l'attire et la “pousse” vers le bien.
Car, si c'est elle qui agit dans ses actes de charité, elle prend aussi conscience que ce n'est pas entièrement elle.
Surtout quand cela dépasse la raison, ou qu'il y a une volonté directrice sur laquelle elle s'aligne en constatant qu'elle ne pourrait pas accomplir de tels emportements amoureux.
Là, l'âme réalise qu'elle fait de moins en moins sa volonté pour faire presque uniquement cette volonté d'Amour (DIEU). Au point que, par moments, elle sent bien que cette détermination vient du maître intérieur (Jésus Christ) qui vit en elle.
A ce stade de croissance, l'âme perd souvent le “contact” avec cette présence impalpable.
Alors, c'est pour l'âme comme autant de manques d'Amour puisqu'elle vit tout cela tels des allers et retours qui la bousculent (la purifient) quand le maître ne semble pas être là.
Pourtant, elle se rend compte que c'est grâce à ses prières et à sa ferveur qu'elle est de plus en plus enseignée, éduquée et aimée.
Ainsi, l'âme (qui se doute bien que ces rencontres fortuites sont destinées à une union plus durable) s'abandonne complètement.
Dès lors, l'âme (qui a su évacuer ses pensées par ses abandons successifs) laisse faire.
Et, elle se tient “debout” devant le Seigneur; Ou, dans une parfaite nudité d'esprit pour regarder les mouvements dus à cette présence et qui, comme à son insu (parce que l'âme ne sait pas vraiment ce qui se passe) se font dans le secret de l'Esprit.
A ce stade , c'est la nouvelle naissance puisque l'âme vit de l'Esprit et dans l'Esprit.
Mais, nous nous arrêterons là.